Planification Urbaine et Energie-Environnement
DELFT, Pays-Bas
94 500 habitants
« Planifier des quartiers durables et confortables »
Au centre ville de Delft, on a construit le quartier Zuidpoort où la durabilité a été l’objectif principal visé dès le début du processus de planification. Le projet est issu d’un processus démocratique de consultation. Afin de minimiser la demande d’énergie, les nouveaux bâtiments ont été dotés d’une isolation performante, de systèmes de ventilation avancés et de pompes à chaleur. Cela a entraîné une amélioration des performances énergétiques de 30% par rapport à la moyenne nationale. En même temps, on a été capable de garantir un haut niveau de confort des bâtiments. La construction du quartier prévoyait également la réalisation d’infrastructures publiques et de parkings souterrains pour que le centre ville soit libéré des voitures en surface. Zuidpoort démontre que des économies d’énergie substantielles peuvent être réalisées tout en construisant des bâtiments confortables.
La construction du quartier reflète les aspirations de la Ville de Delft qui sont d’aller au-delà des standards européens en matière de réduction des émissions de CO2. A Delft, on s’est fixé l’objectif de réduire les émissions de CO2 de 33 500 tonnes d’ici 2012 par rapport au niveau de 1999.
GENEVE, Suisse
188 170 habitants
« Une étude URE & SER systématique pour tout projet d’aménagement »
La politique du Canton de Genève vise à réaliser une « société à 2000 watts » sans nucléaire. Dans cette optique, tous les projets d’aménagement ont font désormais l’objet d’une étude systématique des opportunités à saisir en termes d’utilisation rationnelle de l’énergie et d’utilisation d’énergies renouvelables. La Direction de l’aménagement du territoire a le devoir d’intégrer la dimension énergétique aux différents stades de la planification du projet. Depuis 2002, on a traité une dizaine de projets d’aménagement et d’amélioration des aspects énergétiques. Parmi les projets futurs, on peut citer l’exploitation du potentiel des réseaux de chauffage à distance et l’utilisation du lac comme ressource thermique. Ce dernier projet verra la création d’un réseau d’échange thermal à basse température qui utilisera l’eau du lac comme une source de chaleur, l’eau restant à une température à peu près constante de 8°C. Le réseau sera constitué par une station de pompage d’eau, un réseau de distribution d’eau et par des sous-stations pour chaque bâtiment raccordé. Le projet concernera 14 000 habitants et une superficie d’environ 368 000 m². Les nouveaux bâtiments seront construits à partir de standards d’efficacité énergétique et un design écologique. Ils seront dotés d’une isolation performante et de systèmes de récupération de la chaleur de la ventilation (ventilation double flux). Le recours aux énergies conventionnelles sera significativement diminué (une réduction de 25% est prévue).
HELSINKI, Finlande
600 000 habitants
« Densifier et agir sur les transports pour réduire l’empreinte carbone »
La capitale finlandaise a élaboré une stratégie pour réduire ses émissions de CO2 qui a déjà donné de bons résultats avec une diminution de 10% entre 1994 et 2004. L’ambition est maintenant de réduire les émissions des habitants de 39% d’ici 2030, grâce à un plan climat conjoint entre municipalité et agglomération, approuvé le 14 février 2007. Des mesures pour améliorer l’habitat et pour augmenter sa densification/densité, aujourd’hui considérée comme faible (densité 7 fois inférieure à celle de Paris), ont été adoptées. Le Master Plan (équivalent du PLU) interdira l’urbanisation de zones non desservies par le chauffage collectif urbain et le réseau de transport public. La stratégie concerne aussi le secteur des transports (28% des émissions). Le réseau de transport public sera amélioré et rendu plus accessible notamment grâce à une baisse du prix des billets, le réseau cyclable entre le centre d’Helsinki et les communes voisines sera étendu et mieux maillé et d’autres mesures telles que le covoiturage, la conduite économique seront également encouragées.
HUELVA, Espagne
145 760 habitants
« Planifier et aménager avec la participation du public »
Le projet Parc Moret est un projet urbain de rénovation et de verdissement, de même qu’un bel exemple de participation citoyenne. L’objectif du projet, conçu en 1997 et conclu en 2007, était de créer une « forêt urbaine » à partir d’une zone dégradée de Huelva. En 1997, on signe l’accord dénommé « Poumon Vert » entre un groupe de représentants de citoyens, le maire et différents partis politiques par lequel on reconnaît le besoin de récupérer et conserver la zone verte. Avant la construction du parc, à cause du manque d’espaces verts, la ville était caractérisée par un environnement inhospitalier. La présence du parc, inauguré en 2007, constitue aujourd’hui une ressource précieuse pour la ville en tant que source de richesse et de diversité naturelle. De plus, sa position centrale la rend très accessible et facilite son utilisation pour différentes activités sociales, culturelles et d’éducation environnementale. Pour Huelva, la construction du parc a aussi été une initiative pionnière de participation du public pendant tout le processus. Le groupe public du Parc Moret comprend plus de 30 groupes publics qui ont demandé la création d’une forêt urbaine adaptée à leurs besoins. La collaboration pendant toute la durée de conception du parc qui s’est faite à travers de multiples rencontres publiques a permis une réhabilitation physique et fonctionnelle de la zone entière et une appropriation du parc par le public.
MILTON KEYNES, Royaume-Uni
210 000 habitants
« La neutralité carbone pour tout nouveau projet d’aménagement »
Milton Keynes est une ville nouvelle située au Buckinghamshire, Royaume Uni. La ville est aujourd’hui considérée comme la capitale britannique de l’énergie grâce à l’efficacité énergétique de ses bâtiments et aux efforts faits dans la diffusion d’une architecture à l’avant-garde du point de vue écologique. En 2005, Milton Keynes a adopté un nouveau Plan de Développement Local qui a introduit des normes à suivre en matière de nouveaux aménagements. Les normes fixées, qui s’appliquent aux projets dépassant cinq habitations et aux bâtiments de plus de 1 000 mètres carrés se réfèrent à :
- l’efficacité énergétique à atteindre à travers la localisation, le design et l’orientation des bâtiments pour qu’on puisse optimiser l’exposition à la lumière du soleil,
- l’utilisation des énergies renouvelables,
- le recyclage et la bonne gestion des déchets,
- l’emploi de matériaux recyclés,
- le recyclage des eaux,
- la minimisation des émissions de carbone.
L’objectif est d’atteindre une croissance zéro des émissions de carbone de la ville grâce à la neutralité des nouveaux sites qui seront construits en réponse à l’essor démographique. Parmi les projets de développement reçus en 2006, 94% ont satisfait les normes définies par la politique. On a d’ores et déjà prévu de travailler sur un nouveau Plan de Développement Local qui pourrait introduire un pourcentage plus élevé d’énergies renouvelables et se référer aussi aux projets de dimension inférieure à celle fixée dans le plan de 2005.
MILAN, Italie
1 300 000 habitants
« Introduire des innovations pour améliorer l’environnement urbain »
La Ville de Milan s’est récemment engagée dans la diffusion de politiques durables dans le domaine des transports. Elle a reçu une distinction par l’Institut pour la politique de transport et de développement (Institut for Transportation and Development Policy) basé aux Etats-Unis. La ville italienne a adopté, en janvier 2008, le système Ecopass pour réduire le trafic au centre ville à travers un système de taxation. La grande nouveauté est que le prix à payer est calculé par rapport aux niveaux d’émissions des véhicules. Le système est considéré comme une évolution du « Congestion Charge » londonien. Suite à l’introduction d’Ecopass, on a noté :
- une réduction de 19,2% du trafic au centre ville,
- une réduction du 8% du trafic dans le reste de la ville,
- une augmentation de la vitesse des transports publics de 11,3%,
- une augmentation de la part de marché des transports publics de 9,7%,
- une diminution des émissions de CO2 de 12%.
L’introduction d’un système de bike sharing comprenant 103 stations et 1 400 vélos a également compté pour l’attribution de la distinction à Milan. Le système est opérationnel depuis décembre 2008.
PANEVËÞYS, Lituanie
132 000 habitants
« Une stratégie multisectorielle pour le climat »
Depuis que le pays a gagné son indépendance en 1991, la Ville de Panevëþys a eu pour objectif d’améliorer son environnement. On a introduit l’initiative « Villes durables » pour agir contre le changement climatique. L’initiative comprend différentes actions et de nouveaux instruments :
- le Plan d’Actions définit des objectifs pour la protection de la qualité de l’air et pour la durabilité des composantes économiques, sociales et environnementales,
- l’information et l’éducation de la société a toujours été une priorité. La Ville a promu différents projets d’éducation : on a créé un centre d’enseignement écologique, un centre d’information et organisé des séminaires sur l’éducation environnementale pour les enseignants,
- entre 2004 et 2006, on a mis en œuvre un programme de monitoring de la qualité de l’air,
- entre 2005 et 2007, on a réalisé un programme de rénovation des pistes cyclables et des cheminements piétons pour diminuer la congestion et les effets négatifs du trafic motorisé sur l’environnement,
- entre 2003 et 2007, on a mené à bien un projet de réaménagement de la rivière de la ville grâce aux fonds structurels de l’Union européenne : son lit a été nettoyé et ses berges réaménagées et arborisées,
Le but des initiatives durables de Panevëþys est la création d’un habitat propre, la promotion d’un développement durable du point de vue économique et la protection des ressources naturelles.
SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE, Espagne
93 500 habitants
« Une planification au service de l’environnement et du bien-être des citadins »
A Saint Jacques de Compostelle, on a choisi de mener une stratégie de développement durable pour le bien-être des habitants et pour améliorer la qualité environnementale de la ville. On a développé un projet écologique de rénovation urbaine qui envisage la réhabilitation de la ville ancienne et la conservation de l’harmonie et de la beauté des espaces publics du centre. Pour garantir un bon aménagement de la ville, on cherche à instaurer un développement urbain compact et à garder sous contrôle l’expansion urbaine. On a conduit des recherches pour améliorer les déplacements au centre et on a développé le tissu urbain autour d’un réseau de rues et de passages piétons qui doivent garantir un bon accès aux endroits les plus importants de la ville et à ses principaux centres d’activités. Parallèlement, on a encouragé l’amélioration des transports publics.
La stratégie urbaine de Saint Jacques est fortement lié à l’amélioration des infrastructures : tout est pensé dans un but de cohésion sociale, avec l’accès aux services pour tous.
Cette nouvelle approche, introduite au début des années 2000, a reçu a été reconnue par plusieurs prix internationaux. En 2002, la Ville reçoit le prix « Bonnes Pratiques » de l’ONU - UN Good Practice Prize. Sa stratégie est présentée à la Rencontre Informelle des Ministres des politiques urbaines en 2005 comme point de référence pour le système de planification durable espagnol et européen.
SOFIA, Bulgarie
1 252 000 habitants
« Un Forum local pour l’énergie pour un développement durable »
En 2000, Sofia élabore un Programme d’Efficacité Energétique qui a pour objectif de réduire de 30% les consommations d’énergie des bâtiments publics et privés de la Ville.
En 2006, elle adopte un plan spécifique qui vise à améliorer l’efficacité énergétique et les conditions environnementales d’une zone sélectionnée (la Zone B5). Pour le faire d’une façon démocratique et participative, elle constitue un Forum local pour l’énergie auquel participent des représentants de la municipalité et de l’agence de l’énergie de la ville (SOFENA) ainsi que les différentes parties prenantes du quartier concerné. Le réseau créé à travers le Forum renforce la capacité de travailler en partenariat pour élaborer et mettre en pratique un Plan d’Actions pour le développement futur de la Zone B5. Le Plan est surtout focalisé sur la rénovation des bâtiments publics comme les écoles et de l’habitat social.
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