Le futur énergétique de l'Allemagne sera sans nucléaire
Après des heures de négociations, les partis du gouvernement de coalition de la Chancelière Angela Merkel se sont mis d’accord pour fermer tous les réacteurs nucléaires allemands d’ici 2022.
La décision
Après une première délibération d’une commission d’éthique ce week-end, la coalition s’est réunie dimanche et s’est mise d’accord sur un futur énergétique sans nucléaire pour l’Allemagne.
Le pays compte actuellement 17 réacteurs :
- les 8 réacteurs les plus anciens ont déjà été fermés (7 ont été clos temporairement en mars, juste après le tremblement de terre et le raz-de-marée qui ont frappé Fukushima et le 8ème est hors service depuis des années) ;
- 6 autres seront fermés d’ici 2021, comme l’a annoncé officiellement le Ministre de l’Environnement Norbert Roettgen lundi 29 mai ;
- les 3 réacteurs restants (les plus récents) resteront ouverts une année de plus, jusqu’en 2022, en tant que solution de secours pour assurer la continuité de la distribution d’énergie, toujours selon Norbert Roettgen.
La décision, dont la réflexion a débuté après la catastrophe de Fukushima, est pour beaucoup une manipulation politique. En effet, la Chancelière avait d’abord pris la décision, en 2010, d’augmenter la durée d’exploitation des réacteurs nucléaires, contre l’opinion publique. Cette fois, la contestation menée par EON et RWE, 2 des puissantes compagnies d’énergie gérant les centrales, sera certainement très forte, d’autant plus que le gouvernement allemand n’est pas revenu sur la taxe sur le combustible nucléaire, créée en contrepartie de l’augmentation de la durée d’exploitation des réacteurs.
Le Ministre Roettgen a précisé que la décision était ferme. La date limite de fonctionnement des 3 derniers réacteurs est 2022 et il n’y aura pas de clause de révision. La décision doit toutefois encore être présentée au Parlement.
Le saviez-vous ?
En Allemagne, 22% des besoins énergétiques sont actuellement couverts par l’énergie nucléaire.
La politique nucléaire est au cœur de nombreux conflits en Allemagne depuis plusieurs mois. Ce sujet a même aidé le Parti des Verts, qui a pris le contrôle de l’un des bastions de l’Union des Chrétiens-Démocrates, le Baden-Württemberg, en mars 2011.
La coalition a décidé de conserver l’un des réacteurs les plus anciens comme "réserve froide" si la transition vers les énergies renouvelables ne peut pas satisfaire la demande hivernale et si les énergies fossiles ne suffisent pas à éviter une rupture potentielle.
L’Allemagne serait le premier grand pays industrialisé à sortir de l’énergie nucléaire...
... Toutefois, l’Autriche, la Suède et l’Italie ont déjà décrété l’arrêt du nucléaire civil depuis les années 1980. L’Australie, le Danemark, la Grèce, l’Irlande, la Norvège, l’Espagne et la Belgique ont proscrit tout projet de construction de centrale. Dans certains de ces pays cela a même été intégré à la loi nationale après la catastrophe de Tchernobyl.
Pour en savoir plus sur la sortie du nucléaire civil, suivez ce lien.
Sources : EurActiv, article d’Annika Breidhardt pour Reuters, AFP, Wikipédia.
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