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Jusqu'où irez-vous par amour ... des voitures ? ou comment Hambourg réduit ses émissions !

par Tatjana Veith le 24 juillet 2018 / 586 visites

Les Allemands sont vraiment des gens charmants mais dès qu’on parle voiture, certains d’entre eux ne plaisantent plus. Les Allemands adorent leur voiture et sont très fiers de savoir en fabriquer de si grande qualité. Mais les amateurs de mécanique risquent de vivre des moments difficiles, suite à la décision du Tribunal administratif fédéral allemand qui a interdit cette année les vieux véhicules diesel en milieu urbain. Sans attendre un cadre réglementaire national, les villes se mobilisent déjà.


Les gouvernements locaux n’ont pas la tâche facile car l’opinion publique oscille entre une adoration pour les voitures et un désir profond d’air pur. Toutefois, il apparaît clairement que la voiture a perdu de sa superbe en ville. Elle ne permet plus de se rendre rapidement d’un point A à un point B. Car feux rouges et embouteillages sont devenus la plaie du transport urbain. Suite aux scandales du diesel et à de récentes études sur la qualité de l’air en zone urbaine, le discours de la société change et le domaine de la mobilité connaît un vent de changement vers les nouvelles possibilités qu’offrent des solutions plus durables.

80 villes allemandes sont touchées par des niveaux élevés de dioxyde d’azote qui dépassent le seuil de tolérance de l’UE. Parmi elles, Hambourg a été en mai dernier la première ville à mettre en application la nouvelle législation. Stuttgart lui emboîte le pas : la ville du sud-ouest de l’Allemagne compte appliquer la loi qui interdit les vieux diesel à la circulation à partir du 1er janvier 2019. Il est à noter que ces lois entrent en vigueur alors même que le cadre législatif national fait défaut en la matière.

L’interdiction des anciens véhicules diesel

Dans un premier temps, le gouvernement local de Hambourg interdit aux vieilles voitures diesel de circuler sur deux axes principaux de la ville. Les opposants estiment que les effets seront limités et ne feront que déplacer le problème. Cependant, ce sont plus des deux tiers des voitures diesel immatriculées dans cette ville qui sont concernés. Le temps dira si les propriétaires de ces 214 000 véhicules seront bel et bien découragés par la nouvelle règlementation. Quoi qu’il en soit, cette mesure radicale montre que la bataille contre les polluants de l’air s’intensifie. Les propriétaires de véhicules diesel qui empruntent encore les voies concernées par l’interdiction ont déjà écopé des premières amendes.

29 autres villes d’Allemagne, qui connaissent de forts niveaux d’oxyde d’azote toxique, modifient d’ores et déjà leur plan de contrôle de la pollution de l’air.

En dépit des normes d’émission de l’UE, la qualité de l’air est un défi majeur pour les villes. Les maires européens ont critiqué ouvertement les manquements dans la limitation de la pollution par le diesel en Europe à plusieurs reprises (comme en 2016) et mettent la pression sur leurs gouvernements nationaux. Sans attendre des règlementations plus stricts de leur part, ils se mobilisent déjà sur le terrain.

Des solutions spécifiques existent, comme le prouvent les autorités locales partout en Europe. Ainsi, Hambourg a découvert que la coopération entre entreprises privées était une stratégie efficace.

Des e-navettes pour prendre le train

La semaine dernière, la Deutsche Bahn (DB), compagnie allemande de chemins de fer, a lancé un projet pilote à Hambourg afin de rendre le train plus attractif. Par le biais d’une application, un bus navette vient chercher les passagers chez eux pour les conduire jusqu’à la gare. Ce service, actuellement limité à la partie ouest de la ville, n’est pour l’heure disponible qu’en semaine, de quatre heures du matin à minuit, mais sera disponible en continu à partir du 8 août. Il n’entraîne pas de coût supplémentaire pour les passagers avec un titre de transport public. Suivant le crédo « plus de mobilité et moins de trafic », dix bus électriques ont été mis en service.

Par ailleurs, la filiale « IKOI » de la DB a lancé un service de covoiturage pour les habitants de Hambourg dans des véhicules électriques à travers la ville. Tout comme le projet pilote lancé la semaine dernière, ce concept de navette à la demande fonctionne, lui aussi, avec une application. En plus des 65 stations de bus existantes, 60 stations IKOI ont été créées. Ainsi tous les habitants disposent d’un station de bus ou d’une station IKOI dans un rayon de 200 mètres.

Des livraisons zéro émission

Hambourg s’associe également à l’entreprise allemande de solutions logistiques Deutsche Post DHL pour la réduction des émissions lors de la livraison de biens. Avec pour objectif d’établir un système de livraison électrique, le maire d’Hambourg et le directeur de la filiale « Street Scooter » de DHL ont signé un mémorandum d’entente dans lequel les deux parties déclarent prendre des mesures spécifiques pour soutenir l’e-mobilité. Ainsi, DHL vise 100 % de livraisons à zéro émission d’ici le début de l’année 2019. Cette année, déjà 70 Street Scooters modèle XL (codéveloppés par Ford) ont été déployés. Stromnetz Hamburg GmbH, société de distribution d’énergie locale détenue par la municipalité, s’assure que ces véhicules aient un accès facile au réseau électrique.

De nouvelles idées pour la mobilité aérienne ?

Hambourg a été une des premières villes à rejoindre l’initiative de mobilité urbaine aérienne (UAM), menée par l’Union européenne afin de porter la mobilité urbaine dans la troisième dimension, par l’utilisation de véhicules volants. Par exemple, des drones pourraient permettre de répondre aux besoins actuels en matière de mobilité, notamment de transport public, de transport partagé et de services de mobilité. L’initiative UAM entend contribuer à la création d’un marché pour la mobilité urbaine aérienne qui rassemble villes, régions et entreprises.

« Les drones offrent d’immenses perspectives de création de nouveaux services et de nouvelles entreprises, particulièrement dans nos villes, a déclaré lors du lancement à la fin du mois de mai la commissaire européenne aux transports Violeta Bulc. Cependant, nous devons nous assurer que les mouvements de drones au-dessus de nos têtes soient sûrs, sécurisés, silencieux et propres. À cet égard, l’initiative UAM constitue un important projet pilote, impliquant plusieurs villes européennes, pour relever ces défis et préparer l’avenir. »

©photos : stadt Stuttgart - domdomegg - Own work, CC BY-SA 4.0 - Jan Brandes






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