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Edito politique : transition écologique = changements (vie quotidienne + méthode)

par Claire Roumet le 15 mai 2019 / 209 visites

Oui, cette équation semble étrange, absurde peut-être. C’est un résumé, très condensé, de la réponse apportée par le Président de la République Française, Emmanuel Macron, à plus de deux mois de débats citoyens intenses sur quatre thèmes, dont la transition écologique.


La transition est au cœur des préoccupations et de la crise sociale en France. Dans la réponse du Président, elle est d’abord renvoyée aux acteurs les plus pertinents : les municipalités. « Les Français ont confiance dans leurs élus locaux et ce nouvel acte de décentralisation doit porter sur des politiques de la vie quotidienne, le logement, le transport, la transition écologique, pour garantir des décisions prises au plus près du terrain. Ce nouvel acte de décentralisation devra s’appuyer sur quelques principes simples. D’abord responsabilité, lisibilité et financement ».

Placer la transition écologique dans les « politiques de la vie quotidienne » est vraiment intéressant, puisqu’il s’agit bien de changer nos modes de vie, nos modes de produire, se déplacer, consommer. Pourtant, on ne peut justement les changer que si l’ensemble du système se réinvente.
Le Président de la République indique plus loin dans son discours, pour répondre à l’urgence climatique : « [Je] veux qu’on puisse changer plus fortement de méthode pour répondre plus concrètement et de manière plus radicale aux attentes. Changer de méthode, c’est d’abord utiliser davantage l’intelligence collective sur ce sujet. On a beaucoup de solutions, je l’ai souvent dit, mais elles sont souvent trop complexes pour nos concitoyens ».

Si la solution tient dans une meilleure pédagogie des systèmes d’aides existants pour changer sa chaudière, j’ai bien peur que cela soit un peu juste au regard des enjeux. Oui, l’intelligence collective est bien une des pierres angulaires des transformations à venir, principalement pour penser des systèmes résilients, basés sur une utilisation sobre et efficace de nos ressources et donc sur des partenariats entre acteurs locaux, entre secteurs, entre industries, entre territoires. Le conseil citoyen de 150 personnes tirées au sort est aussi un changement de méthode à saluer tout comme un Conseil de défense écologique, réunissant les princip·aux·ales ministres impliqué·e·s dans la transition.

Les universitaires belges ont publié leur propre engagement pour le climat. Ce n’est pas forcement comparable, mais la différence de compréhension des changements systémiques nécessaires est abyssale. Les universitaires du plat pays s’engagent à repenser les cursus proposés, à inventer des nouvelles filières d’éducation adaptées aux enjeux et permettant vraiment aux futures générations de développer les outils et les savoirs qui feront la transition.

Dans une carte blanche publiée le 30 avril, c’est un vrai changement de méthode que les universitaires belges proposent en agissant concrètement autour de trois axes : en tant qu’institution, dans l’enseignement, et dans la recherche. En tant qu’institution, l’Université doit être un laboratoire des possibles, dans l’enseignement, elle doit être un vecteur de transmission de la transition, et dans la recherche, flécher de façon substantielle la question de l’urgence climatique.

Oui, la transition écologique est au cœur des « politiques de la vie quotidienne » mais le changement de méthode dont nous avons besoin ne s’arrête pas à une meilleure coordination entre les agendas de différents ministères ou une pédagogie renouvelée auprès de citoyen·ne·s dépassé·e·s, elle demande un vrai changement de posture de toutes les institutions.

Les universitaires belges proposent pour cela un agenda inspirant et… transposable aux États ! Mais aussi… aux politiques européennes ! Et là… je ne vous encourage pas à lire l’Agenda pour le Futur de l’Europe proposé par le Président de la Commission européenne, c’est trop désespérant de voir la place ridicule attribuée à la transition dans les enjeux à venir ! J’espère juste que les chefs d’États, qui se réuniront le 9 mai pour en discuter, de même que les prochains parlementaires et commissaires européens, auront le sens des responsabilités.









par Claire Roumet






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