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Edito politique : Remous au plat pays et ailleurs…

Par Claire Roumet, le 5 octobre 2016

Quand bien même en septembre, la Première Ministre britannique a donné son accord pour une nouvelle centrale nucléaire, condamnant les contribuables des deux côtés de la Manche à regarder passivement comment l’argent public cimente un système centralisé et peu adapté au futur, nombreux sont les exemples de vents favorables qui soufflent sur le secteur énergétique. A n’en pas douter, nous sommes à un croisement. Regardons de plus près un exemple parmi d’autres qui illustre les forces en présence et les jeux d’acteurs.

Une histoire belge pour commencer, pas très drôle, mais très symptomatique de la complexité à laquelle sont confrontées les collectivités au moment de prendre des décisions lourdes pour l’avenir du système énergétique...

En Flandres, 17 compagnies locales se partagent les décisions sur le réseau de distribution géré par Eandis. Depuis des mois, un accord entre les principaux partis politiques prépare la fusion pour améliorer l’efficacité mais aussi pour attirer des investisseurs et remplacer le fournisseur Electrabel. En effet, pour être compatible avec la Directive européenne de libéralisation, le fournisseur ne peut être dans la distribution et dans la production en même temps. Un appel au capital visait à attirer des grands fonds de pension internationaux. Mais c’est State Grid China, entreprise d’état chinoise, qui a fait de loin la meilleure offre. Une offre qu’aucun maire ne pourrait refuser, avec des clauses d’investissement sur 100 ans (l’ouverture représentait 14% du capital).

Pourtant le parti des Verts, et surtout la société civile, étaient vent debout contre ce projet de rachat, arguant que l’épargne citoyenne pourrait sans aucune difficulté couvrir les investissements nécessaires, permettant par la même occasion une appropriation citoyenne des réseaux et des enjeux de la transition énergétique. Un investissement local, qui empêcherait aussi et surtout une centralisation des réseaux à l’heure où tout le monde parle de décentralisation et où le modèle d’entreprise locale semble faire ses preuves, notamment dans le pays germanophones et nordiques. Beaucoup de recours ont été envisagés, très inventifs, comme l’idée d’utiliser la Directive sur la libéralisation pour bloquer une entreprise active dans la production, distribution et le transport, comme l’est State Grid China (ironique !).

Mais c’est finalement le régulateur de l’énergie flamand qui a offert la clef, juste avant le vote du 3 octobre, en précisant à la Ville d’Anvers, qui en avait fait la demande, qu’elle ne pourrait pas continuer à appliquer des tarifs différents et que la centralisation des réseaux de distribution irait de pair avec un tarif unique sur tout le territoire. Inacceptable politiquement pour Anvers, qui aujourd’hui propose aux ménages un service coutant 100€ de moins annuellement. Or, sans Anvers, l’entreprise State Grid China n’est plus intéressée.

Un coup d’accélérateur à la transition par et pour les citoyens ?

Cette saga qui finit bien permettra-t-elle de donner un coup d’accélérateur à la transition par et pour les citoyens, de réfléchir à l’investissement réellement nécessaire et de reprendre en main les outils dont le territoire a besoin pour une économie utilisant les ressources (y compris financières) locales ?

En Espagne, une campagne a été initiée par les villes dirigées par des coalitions de citoyens avec 3 demandes : « récupérer les compétences, récupérer le financement, municipaliser les services » en réponse à une loi du gouvernement national qui semble limiter fortement l’action locale.

En Allemagne, la région Schleswig-Holstein annonce qu’elle ambitionne d’être 100% renouvelables en 2035 en s’appuyant sur les industries de la région et les PMEs locales, tout comme les collectivités partout en Europe s’engageant dans une transition ambitieuse comme nous le détaillons dans notre dernière publication : www.energy-cities.eu/Vers-des-villes-100-energies-renouvelables.

En France, Nantes vient de lancer son grand Débat sur la transition énergétique, avec pour mantra : « la transition énergétique, c’est nous » autre exemple d’une approche décentralisée conçue comme émancipatrice, des énergies locales, de nouvelles politiques publiques…

C’est pourquoi, malgré la signature de l’accord de Hinkley Point, je placerais néanmoins ce mois-ci sous le signe du "D" de Décentralisation...

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